Ouest-France / Bretagne / Redon / Actualité en Ille-et-Vilaine Actualité en Ille-et-Vilaine A Bain-de-Bretagne, le café solidaire a pris racine Depuis 15 ans, l'atelier de torréfaction du CAT de Bain-de-Bretagne produit le café Max Havelaar. Aujourd'hui, il ouvre ses portes au public pour faire découvrir les secrets de fabrication de cette réussite équitable. Ce mercredi, le CAT de Bain-de-Bretagne fête 15 ans de café équitable. Une utopie transformée en réussite. La marque Max Havelaar pèse aujourd'hui 5 % du marché national. Reportage Dans l'entrepôt du centre d'aide par le travail (CAT) de Bain-de-Bretagne, des cafés du monde entier : Rwanda, Mexique, Pérou, Guatemala... Les grands sacs en toile de jute attendent de prendre la direction de l'atelier de torréfaction. Empaqueté, le café est ensuite conditionné par une quinzaine de travailleurs handicapés. Prêt à partir à travers toute la France. « En avril, nous avons produit 75,7 tonnes de café. Ça fait 10 millions de tasses », relève Yves Thébault, directeur du CAT. Sans compter les 1,5 million de dosettes... Impressionnant. Un arabica équitable Mais cet arabica n'est pas comme les autres. Il est équitable. La société Lobodis l'achète à des petits producteurs à travers le monde, sous le contrôle de l'association Max Havelaar. Quinze ans que cela dure à Bain-de-Bretagne. « Aujourd'hui, le café Max Havelaar représente 5 % du marché national », note Yves Thébault. Avec la torréfaction du café, le directeur du CAT (55 salariés, 200 travailleurs handicapés) cherchait l'opportunité de développer une activité nouvelle... L'idée est arrivée au-delà de ses espérances. « Personne n'y croyait » En 1994, pourtant, l'affaire paraît corsée. « A l'époque, le commerce équitable n'existait pas. Personne n'y croyait. Pourquoi le consommateur paierait plus cher ? On me riait presque au nez », se souvient Yves Thébault. Pas Olivier Bernardas, gérant à l'époque de Lobodis, et Guy Durand, président de Max Havelaar. Avec Yves Thébault, ils se lancent dans l'aventure. La première unité de fabrication de café équitable naît à Bain-de-Bretagne. Dans la douleur. « Les trois premières années ont été difficiles. Mais je n'ai jamais songé à arrêter », assure Yves Thébault. Et puis, à la fin des années 90, le déclic. D'autres torréfacteurs se mettent au commerce équitable. Yves Thébault pense prendre le bouillon. Au contraire. « Nous avons gagné en notoriété. Cela a permis à notre café d'être distribués en grande surface. » Faire rimer café et solidarité Depuis, l'atelier de torréfaction n'arrête pas d'évoluer au gré des progrès techniques. Du matériel financé par le CAT lui-même. Pour continuer à faire rimer café et solidarité. « Ça fonctionne vraiment », assure Roger Simon, qui dirige l'atelier depuis de nombreuses années. En 2004, il s'est rendu au Pérou et en Bolivie, à la rencontre des producteurs de café. « Grâce au commerce équitable, les paysans améliorent leur quotidien. En amenant l'eau et l'électricité au plus près de leur village. » A l'autre bout de la chaîne, les travailleurs du CAT trouvent, eux, une reconnaissance. Philippe MATHÉ.